Récit de J-E: retour sur la Coupe du Monde 2006
En route vers l’Allemagne
Dans ce résumé je ne parlerais que de l’équipe de Paris car malgré toute l’affection que j’ai pour l’équipe de Marseille, je pense que c’est plutot à eux de commenter leur sublime aventure.
Nous sommes partis vendredi 11 à 9h00 du matin de place d’Italie dans 2 voitures : Seb, Johan, Greg et Moi et Guillaume, Ben, Claire et David. Timo et JM étaient eux, en revanche dans l’avion.
Nous sommes arrivés à Nuremberg aux alentours de 19h00 et nous avons fait la session d’entraînement avec tout le monde. J’ai découvert pour la première fois la superbe salle du Nuremberg, avec son sol si glissant. Nous avons fait la connaissance de l’équipe de Marseille, de celle de la Norvège aussi. Tout de suite j’ai senti que l’état d’esprit était excellent ici, j’ai pu rencontrer Zack et Christian, le créateur et l’organisateur, et je me suis aperçu que tout le monde allait dans le même sens. En effet ce sport n’est pas connu, personne ici ne cherche la gloire, pourtant certains l’ont en individuel car ce sont de très bons riders mais personne n’avait cet état d’esprit. Nous étions juste heureux de nous voir pour disputer une compétition peut être assez méconnu mais qui avait pour nous une saveur incroyable. Je sentais l’excitation chez tous les participants avec parfois trop d’excitation hélas…
Crise chez les Bleus: plus de goal!
…En effet, Johan notre gardien titulaire a envoyé un ballon au-delà d’une grille. Je lui ai dit d’aller la chercher, et je m’en veux encore, puisque il s’est ouvert profondément la main en montant sur la grille. L’entaille dans la paume de la main était forte et la déception immense, en effet, pour lui c’était la fin de la coupe du monde, ses chances de rejouer étaient presque nulles.
Christian Graf, l’organisateur de la coupe du Monde, Claire et Benoît (volontaire à la croix rouge) ont accompagné Johan à l’hôpital pendant que le reste de l’équipe allait tenter de rejoindre nos hôtels.
Johan, notre « Cissé » du Rollersoccer
A ce moment la nous avons connu la galère, en effet, c’était dur de trouver les hôtels, nous avons mis près de deux heures, et nous étions inquiets que Johan ait le nerf de la main sectionné, ce qui aurait impliqué une opération de la main.
« Grégory Coupet » à la rescousse de « Fabien Barthez »?
Tous nos espoirs au goal reposaient sur Benoît, et pour être honnête personne n’y croyait beaucoup. En effet, à l’entraînement, il ne nous paraissait pas très à l’aise, et j’ai fait tout ce que je pouvais pour le mettre bien en condition à faire la coupe du monde de sa vie.
L’hôtel trouvé, et le repas ingurgité nous sommes rentrés à l’hôtel après avoir croisé les marseillais qui avaient l’air eux, très en forme.
Le samedi matin nous nous apprêtions à disputer notre premier match de poule contre les anglais à 11h35 et Johan rentrait de l’hôpital avec plus de peur que de mal. Nous étions tous rassurés mais déçu pour lui car il ne pourrait pas rentrer sur le terrain avant le lendemain et encore ce n’était pas sûr.
La route vers la victoire: première journée
Pour le premier match JM a ouvert la marque rapidement puis nous avons été dominé mais la défense resta plus forte avec notamment des arrêts décisifs de Ben. Je pense que la motivation devait être encore plus forte pour lui étant donné qu’il a passé la soirée avec Johan à l’hôpital. A la fin du match, Becks (Guillaume) détruisait définitivement les espoirs anglais en inscrivant un second but.
Notre première victoire en poche nous nous apprêtions à jouer les organisateurs de la Bavière, et nous étions plein de confiance, notre appréhension était fortement diminuée puisque nous étions bien rentrés dans la compétition. Le match démarra par un but de Seb d’entrée de jeu, mais nous nous fîmes surprendre à 1 minute de la fin assez bêtement. Ce match nous a servi de leçon afin de ne pas commettre la même erreur une seconde fois.
JM retrouve confiance et marque!
A l’approche du dernier match de groupe contre la Hollande, JM est venu me voir et m’a dit qu’il n’était pas assez efficace, et je lui ai simplement dit de tirer de plus loin pour avoir plus d’angle… Je pense surtout que JM a retrouvé la confiance qui lui a manqué en début de compétition, et il nous à inscrit un quadruple pour une victoire 4-0 avec en prime le but le plus rapide de la compétition en 8 secondes où il s’est offert la défense hollandaise à lui tout seul.
Nous étions en ¼ de finale et le score de 1-0 de la Bavière contre les anglais nous offrait la première place du groupe. Même si nous étions le moins bons premiers nous l’étions et nous allions jouer la Norvège en quart.
Le match de dernière minute
Je m’apprêtais à tout remballer pour aller me reposer avec l’équipe quand Christian Graf nous a dit que le match était ce soir. Ce fut dur de se concentrer, et nous nous sommes tous rhabillé en quelques minutes pour être prêt à disputer notre match contre l’équipe la plus fair-play de ce tournoi la Norvège.
La Norvège est un potentiel favori et malgré un début poussif JM puis Guillaume nous assurait notre participation, avec au passage l’entrée en fin de match de Johan qui a pu participer à la compétition dès le samedi finalement. Après cette victoire 2 à 0, nous sommes allés au repas dans un pub allemand avec les autres équipes même si Becks, Dav, Jo, JM et moi sommes partis au Burger King….
Une nuit de détente et de stress selon les joueurs
Nous sommes rentrés finalement à l’hôtel vers 22h00 alors que Greg, Seb et surtout Jo sont un peu sortis.
Avec Becks dans la chambre c’était impossible de dormir, car on se faisait tous les scénarios dans la tête, nous n’avions pas forcement l’habitude de vivre ce genre d’événement. Personnellement j’étais épaté par le comportement de tout le monde, que ce soit les remplaçants ou les autres je me disais que j’avais intérêt à être bien moi aussi.
Début de la deuxième journée
Le lendemain après une nuit difficile nous sommes partis au stade vers 10h00 pour voir les marseillais se qualifier aisément en demi finale. Maintenant il nous restait l’obstacle américain avant une probable finale franco-française, mais quel obstacle….
Demi finale: Le choc versus les USA
Les américains je pense qu’ils avaient été impressionnés par les français que ce soit Paris ou Marseille et je crois qu’ils n’étaient pas heureux de jouer contre nous. Ils m’ont beaucoup questionné, beaucoup félicité mais je ne disais que peu de choses, je savais qu’ils mourraient d’envie d’aller en finale et de gagner leur coupe du monde.
Vers 12h30, le match démarra avec un but américain au bout de 3 minutes, mais franchement j’ai été surpris par notre équipe… cueilli à froid nous avons réussi à renverser la tendance avec un exploit offensif de Seb mais surtout grâce à une défense hors norme face aux attaques incessantes américaines. On a tout donné et les 2 fois 10 minutes et la prolongations n’ont pas suffi pour nous départager nous allions connaître notre première séance de tir au but.
Pénaltys contres les Etats-Unis
JM était passé au goal car il prenait plus de place que Ben dans les buts. Les américains débutèrent par un échec alors que Becks transformait le premier but de cette séance de 4 penaltys : 1-0 après 1 tir. Les américains égalisèrent mais Seb déjà décisif pendant le match nous a redonné l’avantage : 2-1 après 2 tirs. Après l’échec américain Jo pouvait nous qualifier en finale mais hélas son tir ne fut pas cadré, statut quo après le troisième tir. Avant le quatrième et dernier tir je dis à JM que s’il arrête la frappe américaine nous sommes en finale… chose faite, c’est l’explosion de joie, nous sommes en finale et les marseillais aussi après avoir écrasé Gottingen en demie 4-0.
Une finale 100% franco-française
La finale de rêve allait bien avoir lieu, Paris Marseille, les français champion du monde de Roller Soccer. Claire, Manu, et Magali qui était plus partagé que nous quant à l’issue finale étaient déjà enchantés par tout cela. Il ne faut pas oublié que nous avions été dernier l’an passé.
Notre finale se déroulait à 16h00 et nous étions tous prêts et mes quelques consignes n’ont plus vraiment d’importance dans ce genre de match on donne tout. Le seul point sur lequel je ne m’étais pas trompé c’est sur le rôle crucial des remplaçants Timo, Dav, et Jo.
Nous avions convenus avec les marseillais de chanter la marseillaise ensemble et je pense que ça en a marqué plus d’un, franchement c’était beau et à la fois triste. C’était beau car peu importe la rivalité qu’il y a avec Marseille dans le foot ou ailleurs, ici nous respections et apprécions cette équipe, déjà car ils sont très bons mais aussi parce que c’est une bande de potes qui se fait plaisir et qui donne beaucoup sur le terrain et en dehors. En revanche c’était triste car beaucoup aurait aimé que les deux équipes gagnent.
Une équipe marseillaise offensive, une équipe parisienne sur la défensive
Le match débute avec une pression sans précédent de Marseille, et nous étions cloué devant notre but. Honnêtement j’étais impressionné par cette défense. Ben fit un arrêt décisif mais se fit coupé la respiration c’était à Jo de rentrer au goal. Timo et David ont permis aux autres de se reposer et de se motiver pendant qu’ils assuraient eux aussi un travail défensif énorme. Greg et Seb en vrais patrons de la défense ont tout fait pour que nous décrochions une prolongation à 0-0. Je ne parle même pas de la performance de Jo blessé qui a su suppléer le meilleur gardien de la compétition comme si il était sur le terrain depuis la première seconde du tournoi.
Prolongation en finale
En prolongation c’était encore plus chaud mais à 40 secondes de la fin nous arrivions à dégager la balle, je me disais que ça se jouerait à nouveau aux penaltys mais avec le peu de voix qu’il me restait, je boostais Becks, pour qu’il aille presser et récupérer la balle. Il y est arrivé et dans un angle assez étrange il fit une frappe presque hasardeuse et qui toucha la transversale…. en retombant je vis le ballon touché les filets, et même si au vue de cette finale ce n’était pas mérité car les marseillais étaient meilleurs que nous, et nous le reconnaissons tous, nous sommes allés cherché au bout de nous cette victoire en finale de coupe du monde, à 27 secondes de la fin de la prolongation…..
C’était de l’euphorie partout dans notre camp et de la tristesse chez les marseillais pourtant pas déméritant. Le reste se passe de commentaire et la pudeur m’empêche de raconter les détails de notre joie intense…
Conclusion
Peu importe si nous étions champions du monde d’un sport encore méconnu nous avons tous connu quelque chose de fort et nous sommes fier et heureux. Nous allons, espèrons le, organiser la coupe du monde en 2007 avec la ferveur qui nous a permis de la gagner en 2006.
Bravo à tous les joueurs et organisateurs pour ce moment fabuleux et surtout un grand coup de chapeau aux marseillais et Hugo, meilleur joueur de la compétition, ce qui est totalement mérité, maintenant vivement 2007….
J-E, coach de l’équipe de France parisienne
novembre 15th, 2006 at 11:11
snif on est en novembre et quand je relis ca bah j’en ai encore une ptite larmouille aux yeux ^^